1938
Contemplatif aujourd'hui,
Je te vois,
Comme si tu étais encore assis,
Là, à côté de moi.
Disons qu'pendant douze ans,
Tu m'as tout appris,
Et qu'les trois années suivant,
Tu m'as montré ce qu’c’était :
Qu'être combattif.
Restons contemplatif,
Face à l'homme actif,
Que tu as été.
Restons contemplatif,
Sans plonger dans l'empathie.
Grâce à toi:
J'ai su prendre racine,
Et par dessus tout:
Vu grandir ma cime,
Jusqu'à dominer la forêt aride,
Qu'est cette vie si difficile.
Je t'es vu lutter,
Tel Rocky dans ses combats,
Mais ensuite chuter,
Comme dans Balboa.
Un soir,
Tu as fini par t'assoir,
Mis fin à tout nos espoirs,
Nous délaissant dans nos déboires,
Tu perdis: le sens du devoir,
De nous combler.
Dis-moi ce qu'ça fait d'avoir :
Ses jours à compter.
Ce qu'ça fait de voir :
Sa fin approcher,
Moi je veux savoir :
Pourquoi t'as t'on,
Décroché à nous?
Tellement attaché à toi,
Pourquoi t'as t'on,
Arraché à moi?
J'aimerais,
M'détacher des lois,
De cette dure réalité,
Et pouvoir te revoir:
Le temps d'une éternité.
Sans mère et sans père,
J'ai démarré cette vie amer,
Tu m'as sorti d'la galère,
Tu as fixé mes repères,
Mais c'est un rêve éphémère,
Qui aujourd'hui se perd.
Si cette maladie,
A pu détruire ton corps,
J'espère,
Que cette mélodie:
Adoucira mon cœur.
Et je le dit,
Malgré nos désaccords,
Nos mots plus forts,
L'un que l'autre:
L'amour restera notre,
Il restera fort.
Qui n'serait pas fier:
De ce qu'tu as acquis,
De ce qu'tu m'as appris,
De ce qu'tu as bâti?
Tans de travail abattu,
Une ancienne vie de combattant,
Nous resterons habités,
Par le souvenir éclatant,
De l'homme que tu as été,
Et que tu resteras.
Tu as veillé sur moi,
Puis j'ai veillé sur toi,
Tout ça n'était qu'un rêve éveillé.
C'est pas faute d'avoir essayé,
De t'faire oublier,
Le sablier qui s'écoulait.
J'sais pas pourquoi,
J'ressens l'besoin d'écrire,
Peut-être,
Est-ce une façon pour moi,
De m'enfuir.
Je n'sais pas trop où j'en suis,
Mais quand les lettres s'en mêlent,
Je n'trouve plus le sommeil,
Et mes mots s'emmêlent,
Les uns avec les autres,
Chaque soir c'est pareil.
J'observe les astres,
Et je veille,
Pensant à l'être illustre,
Que tu as été,
Que tu es,
Et que tu resteras.
Je te promets,
Je regarderai,
Où j'mettrai les pieds;
Je garderai les pieds sur terre;
Je resterai terre à terre;
Et je terminerai
Tout ce que j'ai commencé.
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