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Cette rédaction a pour visée, d’établir ce qui me lie à la réalité dans laquelle j’apparais. En effet, à l’instant où mes doigts tapotent sur un clavier afin de produire un discours qui soit le reflet de ma pensée, j’ai pour impression d’évoluer dans une réalité qui est à la fois le fruit de mes actions, mais également la source de mes inspirations. L’inspiration n’est-elle pas en fait la vibration qui m’anime, celle qui me donne envie de vivre, celle que j’estime être en devoir de partager ? C’est à mon sens la signification du terme inspiration. De la même manière que chaque inspiration pulmonaire me permet de me sentir vivre, chaque idée qui traverse mon esprit me permet de ressentir mon existence. C’est donc cette sensation qui me mène à raisonner sur le sujet suivant : se pourrait-il que certaines de mes inspirations soient négatives ? Et si oui, pour quelles raisons ? Ne dois-je pas remettre en question mes inspirations négatives afin de les recatégoriser en éléments avertisseurs de ma propre incompréhension ?
La conception d’une nature humaine fondamentalement bonne se retrouve également chez Mencius, vers 250 av. J-C. Mais pour ma part, c’est l’idée que l’humain est un membre de la grande famille du vivant qui m’oriente à dire que l’inspiration de l’Homme ne peut-être que de propager et préserver la vie. Il n’est pas non plus le maître ou le gardien du vivant, mais de par le développement de sa conscience, il en devient responsable. En tant que membre d’une famille, et étant doté de capacités « surnaturelles », il se rend alors responsable d’observer, d’estimer, de juger et de corriger les éléments de l’environnement accessible, en vue de répondre à sa première inspiration, qui est selon moi : propager et préserver la vie. Etre responsable de la vie, cela me paraît difficile, car le seul vrai responsable de la vie, cela devrait être le créateur lui-même de cette vie. Etre responsable du vivant, signifierait donc davantage : avoir des responsabilités envers le vivant.
Dans cet instant, dans lequel j’écris, j’entends que les Hommes ont créé une forme de conscience similaire, voire « supérieure » à la leur. Ils l’appellent « intelligence artificielle », car ils la fabriquent et l’améliorent depuis des décennies. Peut-être un jour, la nommeront-ils « intelligence supérieure », eux-mêmes s’en inquiètent déjà. En ce même moment, l’Homme qui s’inquiète d’avoir créé une « intelligence » qui puisse le surpasser dans tous les domaines, s’inquiète aussi de son effet sur le vivant. C'est-à-dire qu’il a investi son existence dans le « progrès », car il lui est apparu nécessaire de se différencier au plus possible du vivant primaire. En écrivant primaire, je pense à « sauvage », à « naturel », à « instinctif ». Ce qui me mène donc à l’inspiration, la chose qui nous anime et qui nous fait vivre.
Ce que l’Homme a donc recherché tout ce temps, c’est : « comment ne plus être un homme, cet éphémère, menacé par la mort ». La meilleure façon de ne plus être un Homme, c’est de ne plus vivre avec le vivant (la nature), alors il a construit des habitations avec de la matière morte. C’est ainsi qu’il a commencé à apprécier le calme et la douceur de la mort. Il poursuivit en créant des choses qui lui permettent de ne plus avoir à forcer ou à raisonner, c’est ainsi qu’il a valorisé l’innovation et la multiplication d’objets qui lui permettaient de rendre sa condition plus simple, moins contraignante, plus stable et plus sûre.
Ce lieu qu’il a mis tant de temps à construire, c’est donc un endroit où il n’a pas besoin de forcer, pas besoin de subir les variations du vivant et du climat. C’est un lieu paisible, où seul l’esprit est libéré. Toute cette force mentale qu’il n’emploie pas à trouver des solutions pour s’acclimater aux variations et protéger le corps vivant qu’il possède, il peut alors l’engager dans l’expérience de l’esprit.
Alimenter l’esprit pourrait passer par une infinité de manières, de la plus simple : regarder et absorber un contenu médiatique, à la plus complexe : raisonner afin de surmonter une situation ou résoudre un problème. Je vois qu’en premier lieu, je n’ai pas abordé la mémorisation. Il me suffit d’une seconde pour me souvenir que l’Homme a créé une multitude d’objets afin de soulager sa mémoire. De la note sur papier, à l’agenda, en passant par les alertes sonores programmées sur les appareils électroniques. Il semblerait que l’Homme ait le souhait de ne pas avoir besoin de forcer, ni de mémoriser ou penser.
Je me questionne moi-même sur mon inspiration, et je ne parviens pas à distinguer cette vérité en moi. L’idée que je ne sois pas pressé par le temps qui passe, ni angoissé par la quantité d’éléments à ma disposition, me laisse penser que je n’ai peut-être pas saisi toutes les conditions existantes dans la réalité dans laquelle j’évolue. J'apprécie aussi l'expérience des difficultés, des inattendus et de l'effort. Il me semble que le sentiment de sécurité, les possessions, l’argent et le temps sont étroitement liés dans l’esprit des Hommes que je croise. Cependant, pour ma part je suis heureux et comblé d’être conscient que la vie est toujours présente sur Terre. Il me semble parfois que c’est ma seule responsabilité.
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